Méthodes et techniques pour l’orpaillage en France

En France, la méthode la plus efficace est celle dite du « lavage ». Celle-ci se base sur un principe de physique : dans l’eau les objets à fortes de densité, les plus lourds, coulent plus profondément que ceux à faible densité (les plus légers). Ce principe s’applique aussi à l’or.

Une des caractéristique de l’or c’est qu’il a une densité élevée, celle-ci varie entre 15 et 19. Les sables quant à eux sont de faible densité. Il est donc aisé de scinder ces deux matériaux avec la technique du lavage.

Les méthodes traditionnelles et accessibles à tous


La batée


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La batée est un outil ancestral simple et efficace. Cet instrument de forme légèrement conique peut être fabriqué en différents matériaux : le bois, la tôle, le métal, etc. Son diamètre peut varier de 25 à 60 cm.

Comment utiliser la batée, la technique du lavage :

  • Charger sa batée de matériaux en raclant le fond de l’eau.
  • Effectuer des secousses afin de scinder les matériaux selon leur densité. Les plus lourds, les paillettes d’or, descendent vers le bas et restent dans le fond du cône
  • Effectuer des mouvements lents de rotation, ce qui créé un courant d’eau, lequel va emporter les résidus sablonneux, plus léger resté en surface.

Le sluice


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Le sluice, ou « l’écluse » en français. Il s’agit en quelques sortes d’une rigole allant de 2 mêtres à une dizaine de mêtres. Elle peut être en métal, en bois ou en tôle. Sa longeur va dépendre du lieu où elle va être utilisée.

L’eau va être acheminée dans le haut du sluice soit par le courant de la rivière, soit via un système de pompe. Les matériaux sont placé sur celui-ci et grâce à des aspérités comme des ondulations où un petit grillage, les matériaux les plus denses, donc les paillettes d’or vont être bloqués en chemin. Le sable lui, sera entraîné par le courant.

La rigole, autrefois recouverte de peaux d’animaux est maintenant le plus souvent recouverte de tissu synthétiques qui permettent de mieux encore retenir les paillettes d’or afin d’éviter que celles-ci ne soient emportées par le courant.


Le berceau Californien


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Datant du 19ème siècle et utilisé d’abord en Californie, d’où il tire son nom, le berceau californien permet un orpaillage un peu plus rapide pour les amateurs.

A quoi ressemble-t’il ?

Composé de tamis, d’une toile, d’un caisson en bois et de grillage ou tasseaux. Il mesure environ 1 mètre 50 sur 60 cm.

Comment est-il utilisé ?

  • La matière première est mise dans le caisson accompagnée d’eau.
  • Les sables et l’or passent à travers le tamis.
  • Puis la matière glisse sur la toile ou les plus petites paillettes d’or vont être retenues.
  • Enfin, le courant suivant le chemin, les plus grosses paillettes vont être retenues dans le grillage tandis que l’eau et les sables vont ressortir de l’autre côté.

Les méthodes automatiques et industrielles


La drague aquatique


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Tel un aspirateur, la drague va récupérer dans le fond de l’eau les matériaux et va après un système de tri rejeter les déchets à l’eau.

La drague, comprenant une pompe, flotte en surface. Tel un aspirateur, elle va aspirer le fond de l’eau via une suceuse. Les matériaux vont alors passer à travers un canal de lavage, où ils vont être scindés via le principe de leur densité, l’or restant coincé.

Les déchets (sable et cailloux) vont être rejetés dans l’eau.

La drague aquatique est de plus en plus utilisée en France, elle nécessite un investissement mais qui reste encore accessible.


Les dragues industrielles


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Avec l’industrialisation, les dragues industrielles ont vu le jour.

Le fond des rivières est brasé grâce à des godets reliés par une chaîne qui viennent racler le sol. Les matériaux sont transporter dans les godets et sont reversés sur un tamis ou un crible. Après le principe de lavage s’applique, les matériaux denses et les matériaux légers sont scindés.

Ces dragues ont été utilisées notamment dans les régions aurifères du Nord de l’Italie.


Les sablières industrielles


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C’est la méthode la plus répandues chez les professionnels aujourd’hui. Elle permet de travailler à faible coût. Alors que l’on exploite les sables des rivières on en profite pour y extraire également l’or. Il s’agit de faire d’une pierre deux coups. Il suffit pour cela de profiter des canaux de transports du sable. On y mets un textile qui va récolté les paillettes d’or au fur et à mesure que le sable passe en direction de la laveuse. Après les résidus sur le textile sont réceptionnés et retriés via la technique de la batée. Cette technique inclus de nombreuses pertes mais elle permet de tirer profit de rivière peu aurifère.

Les sablières exploitées sur les rivières aurifères, sont rentabilisées par les orpailleurs après accord de l’exploitant. En France, sont notamment concernées le Gardon, la Cèze et le Rhône.


La production d’or alluvionnaire est-elle rentable ?


Cela représente environ 20 % de la production d’or global qui approche les 400 kg par an.

La majeur partie des orpailleurs restant anonymes, il est difficile d’en évaluer leur nombre et de connaître leur rendement.

C’est sûre que nombre d’entre eux obtiennent un revenu occasionnel, c’est avant tout une passion. Mais il est certain que quelques-uns en tirent un revenu confortable.

D’après la Fédération française d’orpaillage (FFOR), une cinquantaine de français dispose du matériel de récupération de l’or sur des exploitations sablières, un cinquième en vivraient de manière confortable en France.